L’équipe nationale du Cameroun « Les Lions Indomptables » va-t-elle exploser?

Une affaire de clans. Voilà comment on pourrait résumer le foutoir qu’est devenu la légendaire équipe nationale de foot camerounaise, étendard par excellence du pays sur le plan international. Le phénomène des clans n’est pas nouveau. Même dans la glorieuse période de Roger Milla pendant laquelle les Lions hissèrent l’Afrique en quarts de finale de la coupe du monde 1990 en battant au passage l’Argentine de Diego Maradona, des clans existaient. On se souvient de la rivalité légendaire entre les gardiens Thomas NKONO et Joseph-Antoine BELL. Il y avait à l’époque des personnalités avec un sacré caractère. Mais l’intérêt du pays prenait toujours le dessus.

La différence aujourd’hui, c’est que les clans sont composés de joueurs qui se prennent pour des dieux à cause des folles sommes qu’ils amassent dans leurs clubs européens.

On dit au Cameroun que quand « le football tousse, le pays s’enrhume ». Une Coupe d’Afrique des nations (CAN) sans le Cameroun  ? Impensable il y a encore quelques mois. Et pourtant : à deux journées de la fin des qualifications, la sélection nationale est plus proche de l’élimination que de se rendre au Gabon et en Guinée équatoriale, pays coorganisateurs de la compétition en janvier 2012. Avec seulement cinq points en quatre matchs, les Camerounais sont loin des Sénégalais, leaders du groupe E avec dix points. Dos au mur, le Cameroun doit impérativement remporter ses deux derniers matchs en septembre et octobre prochains, contre l’île Maurice et la RD Congo.

Ailleurs, cette non-qualification serait traitée comme un banal déboire sportif. Pas au Cameroun, ce pays qui a osé affubler ses Lions (surnom de la sélection nationale) du qualificatif – très lourd à porter – d’« indomptables », comme pour s’interdire la défaite. Et la magie a opéré pendant quelques décennies : quatre fois vainqueur de la CAN, six fois qualifié pour la Coupe du monde, médaillé d’or aux Jeux olympiques de Sidney… Des victoires successives qui ont forgé, au fil des ans, un orgueil national exacerbé et une étonnante confiance en soi largement partagée.

« Un conflit à peine feutré opposait les amis d’Alexandre et Rigobert Song à ceux de Samuel Eto’o, raconte un cadre administratif du groupe. Alexandre, neveu de l’ex-capitaine Rigobert, était en colère parce qu’il estimait que son oncle, bien que vieillissant et relégué sur le banc de touche, était poussé vers la sortie sans égard pour ses 137 sélections. »

D’autres groupes se sont constitués par affinité ou communauté d’intérêts, à l’instar du clan des « métis », qui comptait Joël Matip, Éric Choupo-Moting, binationaux nés en Allemagne, le Franco-Camerounais Benoît Assou-Ekotto, mais aussi Sébastien Bassong, considéré comme étranger parce que né en France.

Tantôt souriant, généreux, spontané, tantôt colérique, narcissique et susceptible, Samuel ETO’O est à la fois haï et adulé. En mai 2008, il donne un coup de tête à un journaliste camerounais qui lui a déplu. En mars dernier, il promet d’en faire licencier un autre. Un an après la Coupe du monde, les belligérants n’ont pas désarmé. Le 4 juin dernier, avant un match contre le Sénégal, Alexandre Song, qui n’a plus été sélectionné depuis le retour d’Afrique du Sud, refuse de serrer la main d’Eto’o. L’affaire s’est finie devant une commission de discipline, dont les sanctions – légères – n’ont pas ramené les deux footballeurs à de meilleurs sentiments.

L’équipe nationale va-t-elle exploser? En tout cas, la légende Roger Milla compte provoquer un électrochoc en organisant une marche. Il exige la tête des dirigeants de la fédération et en particulier d’Iya Mohammed, président de la FECAFOOT.

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