Journées Européennes du Développement 2013 (EDD2013) : Les progrès en matière de développement risquent d'être anéantis‏ si nous n'agissons pas contre le changement climatique – www.belafrika.be / WEBTV

 
Commission européenne
Communiqué de presse

Bruxelles, le 28 novembre 2013 –

« Nous n’obtiendrons pas le développement et la croissance dont nous avons
besoin au XXIe siècle si nous ne tenons pas compte des changements climatiques » : telles ont été les prédictions
de Connie Hedegaard, commissaire européen à l’Action pour le climat, aux JED13. À peine rentrée de la conférence
des Nations Unies sur les changements climatiques (COPS 19) qui vient de s’achever à Varsovie et faisant directement
allusion à la situation catastrophique causée par le passage du typhon Haiyan aux Philippines, la commissaire
a lancé l’avertissement suivant : « Si nous ne prenons pas les mesures qui s’imposent, nos avancées en matière de
développement seront réduites à néant. »
Aujourd’hui, au lendemain de la Conférence de Varsovie, l’UE commence à formuler sa position, a-t-elle ajouté.
« Nous pouvons obtenir de meilleurs résultats en reliant le changement climatique au développement » a-t-elle
déclaré. « Nous effectuons actuellement le travail préparatoire qui nous permettra de rendre notre copie l’année prochaine.
À la mi-janvier, la Commission présentera ses objectifs à temps pour que ceux-ci soient discutés au sommet
des dirigeants européens qui se tiendra en mars. »
« Nous devons rompre avec nos anciennes façons de penser » a-t-elle insisté. Il n’est plus approprié de travailler en
ayant des responsabilités séparées pour l’environnement, la finance et l’énergie. « Nous devons bien réfléchir à ces
questions en adoptant une approche globale et cohérente pour définir nos stratégies de développement. » Madame
Hedegaard a également insisté sur le besoin de cohérence entre les nombreux acteurs concernés. De plus, elle a
souligné l’importance de procéder à la fois de manière ascendante (bottom-up) et descendante (top-down). « Afin de
lutter efficacement contre les changements climatiques, il est impératif d’impliquer tous les secteurs » a-t-elle précisé
en indiquant que les résultats de la Conférence de Varsovie avaient mis en évidence « l’insuffisance des efforts
effectués en partant de la base (bottom-up). »
Sa position a été largement soutenue par d’autres membres du panel intitulé « L’éradication de la pauvreté et le
changement climatique sont-ils des alliés ou des ennemis ? » Adriana Dinu, coordinatrice exécutive adjointe du Fonds
pour l’environnement mondial, le Programme des Nations Unies pour le développement, a déclaré qu’« il ne fait
aucun doute que le changement climatique met en péril les efforts de lutte contre la pauvreté à travers le monde.
» Elle a par ailleurs souligné que le milliard de personnes qui vivent dans des conditions d’extrême pauvreté « ne
verront pas leur situation s’améliorer si nous ne luttons pas contre le changement climatique. »
Cet avis est partagé par Thijs Berman, membre de la Commission du développement du Parlement européen, qui a
ajouté : « Il est impossible de définir une politique de développement qui ne soit pas liée au changement climatique. »
 
Aisa Kirabo Kacyira, directrice exécutive adjointe du Programme des Nations Unies pour les établissements humains
(ONU -Habitat), a non seulement entériné la nécessité de renforcer le lien entre ces deux domaines, mais également
exprimé son impatience face à l’absence de progrès dans la concrétisation des paroles en actes. « Nous parlons de
ce problème depuis des années » a-t-elle souligné. Alors que nous connaissons une certaine croissance économique,
celle-ci n’a pas pour autant amélioré la situation de nombreuses personnes, notamment celle des pauvres des zones
urbaines du monde développé, entassés dans des bidonvilles dans des écosystèmes fragiles tels que des marais à
la périphérie des villes. En effet, ces taudis se développent plus vite qu’il ne faut de temps pour mettre en oeuvre
les mesures politiques qui pourraient modifier les facteurs contribuant à l’émergence de bidonvilles. » Aisa Kirabo
Kacyira estime que « toute tentative de lutter contre la pauvreté sans établir de lien direct avec les stratégies de
développement est vouée à l’échec. »
Ibrahim Thiaw, directeur exécutif adjoint du Programme des Nations Unies pour l’environnement a également reconnu
que « Nous tardons à remédier au gâchis que nous avons causé par notre propre faute. » Malgré les preuves évidentes
du changement climatique et de ses répercussions négatives sur les couches les plus pauvres, « Comment se
fait-il que nous sachions que nous pouvons y remédier et que pourtant, nous n’agissions pas assez vite pour freiner
ce problème ? » s’interroge-t-il. « Pour résoudre les problèmes dans les pays où de nombreuses personnes vivent
dans la pauvreté, il est indispensable de prendre en compte le changement climatique » a-t-il affirmé.
Frédéric Bontems, Directeur du développement et des biens publics mondiaux au ministère français des Affaires
étrangères, a signalé que la pauvreté et le changement climatique « étaient auparavant considérés comme deux
questions différentes » mais qu’« aujourd’hui, il est impératif de les aborder comme faisant partie d’un seul et même
problème. » Il s’est réjoui de constater que les pourparlers sur les changements climatiques sont de plus en plus
sensibles aux besoins des plus démunis et des plus vulnérables.
D’autres citations d’intervenants de haut niveau peuvent être consultées sur le site :
http://eudevdays.eu/press/quotes
 
 
À propos des JED13
Comment l’Europe doit-elle aborder les questions de pauvreté mondiale et de développement durable après 2015
? Cette question était au coeur de l’édition 2013 des Journées européennes du développement, événement annuel
organisé par la Commission européenne. Cette année, le débat était centré sur les moyens d’atteindre les objectifs du
Millénaire pour le développement qui expirent en 2015.
Aux JED13, plus de 5 000 membres de la communauté du développement ont contribué à clarifier les prochaines
étapes qui permettront à l’Europe de créer un nouveau programme pour le développement. Pour ce faire, ces acteurs
du développement ont engagé des discussions tant avec des représentants de pays en développement et de pays
développés, des agences internationales, des ONG qu’avec des universitaires, des hommes politiques et des responsables
de l’Union européenne.
Ils ont réfléchi à la manière dont l’UE peut promouvoir des conditions de vie minimales, défendre les droits de l’homme
et la justice, tout en encourageant une croissance durable et inclusive, ainsi que la création de nouveaux partenariats
pour le développement. Les différentes sessions ont étudié les questions suivantes : santé, sécurité alimentaire
et éducation ; égalité des sexes et autonomisation des femmes ; consolidation de la paix et de la sécurité, notamment
dans les États fragiles ; gouvernance démocratique ; utilisation des terres et moyens de subsistance ; emploi et travail
décent ; protection sociale ; changements climatiques ; commerce et secteur privé ; et financement allant au-delà de
l’aide officielle au développement.
http://
eudevdays.eu/
 
 
EDD13 Press Team

 

Stéphanie Bauer et Sarah Mahir
 
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