Ce qu’il faut retenir du sommet UE-Afrique – www.belafrikamedia.be / WEBTV

Chefs d’Etat et de gouvernement européens et africains se sont engagés à renforcer la coopération entre les deux continents en privilégiant la paix et la sécurité, le développement et la prospérité ainsi que la défense des droits humains, indique la déclaration finale du 4ème sommet UE-Afrique.

 

Que retenir de ce sommet ?

La Centrafrique, préoccupation centrale

Un mini-sommet resserré a été organisé mercredi avec les pays voisins de la Centrafrique, les chefs d’Etats européen et Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon. Depuis le début de l’opération Sangaris, lancée en janvier 2013 et après un semblant de stabilisation, la situation s’est fortement dégradée dans le pays, un des plus pauvres au monde. L’inquiétude internationale est encore montée d’un cran après l’implication dans ces violences de soldats tchadiens, qui ont tué au moins 24 personnes samedi à Bangui en tirant sur la foule. La force africaine Misca a affirmé qu’ils ripostaient à des attaques.

L’Union européenne a détaillé son opération Eufor-RCA, lancé mardi et qui tardait à se concrétiser faute de suffisamment de contributions des Etats membres. Les trois quarts des 800 hommes devant être déployés d’ici mai sécuriseront l’aéroport et deux arrondissements de Bangui. Si nécessaire, cette force pourrait être renforcée pour atteindre jusqu’à un millier d’hommes. L’UE avait retenu ce chiffre total en annonçant mardi sa décision de déployer la force.

L’UE a aussi décidé de consacrer 30 millions d’euros – sur le total des 352 millions d’euros qu’elle a engagés en faveur de la stabilisation de la Centrafrique – à la reconstruction d’un embryon d’Etat. Le ministre britannique des Affaires étrangères, William Hague, a pour sa part annoncé le déblocage de 7,2 millions d’euros supplémentaire, portant l’aide humanitaire britannique à 27,8 millions d’euros. La Belgique est quant à elle disposée à faire davantage au profit de la Centrafrique, à la fois militairement et financièrement, pour favoriser un « redémarrage » à terme du pays, selon son ministre des Affaires étrangères, Didier Reynders.

Coup dur jeudi : le Tchad, réagissant aux accusations de bavures de ses troupes, a annoncé qu’il quitterait la porte de Misca. Avec 850 soldats, le pays est un des plus gros pourvoyeurs d’hommes de la Misca.

A l’échelle du continent, le fonds européen « Facilité de Paix africaine » sera renouvelé à hauteur de plus de 750 millions d’euros pour les trois prochaines années (2014-2016). Ce fonds, dans lequel l’UE a déjà investi 1,2 milliard d’euros depuis dix ans, vise à aider l’Afrique à résoudre et prévenir les crises qui continuent à la déstabiliser.

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Lutte contre l’immigration contre aide au développement

Le dernier sommet UE-Afrique, tenu en 2010 en Libye, avait buté sur la question des migrations. Les Etat africains étant peu enclins à verrouiller leurs frontières. Dans le document publié à l’issue du sommet, jeudi, les dirigeants « s’engagent à lutter contre l’immigration illégale en promouvant une coopération efficace et complète pour éviter les conséquences dramatiques de la migration illégale et protéger la vie des migrants ».

Le plan adopté pour la période 2014-2017 prévoit le retour et la réadmission des personnes en séjour illégal en Europe et vise à promouvoir une « coopération efficace et complète pour éviter les conséquences dramatiques de la migration illégale et protéger la vie des migrants » après de nombreux drames comme ceux survenus au large de l’île italienne de Lampedusa ou dans le désert du Niger.

En contrepartie de ces efforts réclamés surtout aux Africains, les Européens ont promis d’intensifier « les efforts visant à réduire les coûts des envois de fonds » par les émigrés à leurs pays d’origine, et de « promouvoir les migrations légales et la mobilité ». La réorientation par l’UE de son aide au développement en faveur de la formation et de l’emploi des jeunes – 65 % de la population africaine a moins de 35 ans et c’est dans ses rangs que se recrute la plupart des candidats au départ – doit également freiner les aspirations à l’émigration.

Et les droits de l’homme ?

 

Elio Di Rupo, a appelé les dirigeants africains réunis à Bruxelles à veiller au respect des droits des minorités, y compris sexuelles, alors que de nombreux pays africains répriment les homosexuels. Prévenir de nouvelles « barbaries » comme le génocide rwandais, passe « par l’éducation, en particulier des jeunes, à la tolérance, à la non-discrimination », a souligné le Premier ministre belge lors d’un dîner mercredi lors du 4e sommet UE-Afrique.

« Nous ne pouvons pas tolérer, où que ce soit, que certains soient privés de leurs droits et persécutés en raison de leurs origines, de leur orientation sexuelle, de leur religion ou de leurs convictions », a ajouté Elio Di Rupo, dont l’homosexualité est publique depuis 1996. « Il y a encore trop d’hommes et de femmes dans le monde qui doivent se battre pour leur dignité et leurs libertés. Trop de minorités sont méprisées, trop de droits sont déniés. »

Le très homophobe président ougandais, Yoweri Kaguta Museveni, figure parmi les participants à ce sommet, au côté d’autres dirigeants dont les pays ont récemment renforcé leur répression de l’homosexualité, dont les président nigérian Goodluck Jonathan et son homologue kényan Uhuru Kenyatta. Plusieurs pays européens — dont le Danemark, la Suède, la Norvège et les Pays-Bas — ont déjà annoncé le gel d’une partie de leur aide à l’Ouganda après la promulgation d’une loi qui y criminalise la « promotion » de l’homosexualité et impose la dénonciation des homosexuels. Près de trois quarts des pays africains, à l’exception notable de l’Afrique du Sud, disposent de législations interdisant ou réprimant l’homosexualité.

La partie européenne souhaitait faire inclure dans la déclaration finale du sommet, qui réunit quelque 80 dirigeants européens et africains, une référence au respect « de l’égalité des sexes et des droits des groupes les plus vulnérables, incluant ceux appartenant à des minorités », selon un projet dont l’AFP avait obtenu copie. Mais cette mention déjà assez vague a disparu du projet final. Reste un engagement à « combattre toutes les formes de discrimination, de racisme, de xénophobie et tous les actes d’intolérance sur les deux continents ».

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lesoir.be

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